Voyage en mongolie

Désert de Gobi : paysages, climat et conseils pour le découvrir

Désert de Gobi : superficie, climat, paysages, faune, accès et activités. Tout pour comprendre ce désert froid de Mongolie avant de le parcourir.

14 min de lecture Envie d'évasion & inspiration

Le désert de Gobi évoque le sable à perte de vue. Sur place, la surprise est ailleurs : des plaines de graviers qui scintillent, des montagnes où la glace tient jusqu’en été, des falaises rouges truffées de fossiles et, au détour d’une piste, un cordon de dunes immenses posé au pied des sommets. À cheval entre la Mongolie et la Chine du Nord, ce désert froid d’Asie centrale reste l’un des plus vastes du monde, et l’un des moins peuplés. On y croise davantage de chameaux que de voitures. Superficie, climat, paysages, faune, accès, hébergement : voici de quoi comprendre le Gobi avant d’y poser les pieds, puis la manière dont nous le faisons découvrir, au rythme des rencontres.

Le désert de Gobi en quelques repères

Où se trouve-t-il et quelle est sa superficie ?

Le Gobi s’étend sur le sud de la Mongolie et le nord de la Chine, des massifs de l’Altaï à l’ouest jusqu’aux plaines du Gobi oriental à l’est. Sa superficie avoisine 1,3 million de km², soit plus de deux fois la France métropolitaine. Il mesure environ 1 600 km du sud-ouest au nord-est et 800 km du nord au sud, et couvre un bon tiers du territoire mongol, selon l’article de référence de Wikipédia sur le désert de Gobi.

Ce n’est pas une cuvette au niveau de la mer : le Gobi repose sur un haut plateau situé en moyenne entre 900 et 1 500 mètres d’altitude, ponctué de chaînes qui dépassent 2 500 mètres dans le Gobi Altaï.

Un désert qui n’en a pas tout à fait l’air

En mongol, le mot « gobi » ne désigne pas le désert au sens strict (qui se dit « tsöl ») mais un territoire semi-aride en forme de vaste bassin, où pousse encore une herbe rase capable de nourrir les troupeaux. Le sol est surtout fait de graviers, de pierres et de roches, et le sable n’occupe qu’une petite partie de la surface. C’est ce Gobi du sud de la Mongolie, celui des canyons, des dunes et des falaises, que traverse notre voyage immersif en Mongolie, avant de remonter vers les prairies de la vallée de l’Orkhon.

Le Gobi parmi les déserts d’Asie

DésertSuperficie approximativeType
Gobi (Mongolie, Chine)1,3 million de km²froid
Rub al-Khali (péninsule Arabique)650 000 km²chaud
Karakoum (Turkménistan)350 000 km²froid
Taklamakan (Chine)337 000 km²froid
Kyzylkoum (Ouzbékistan, Kazakhstan)300 000 km²froid
Thar (Inde, Pakistan)260 000 km²chaud

En Asie, seul le désert d’Arabie, dont le Rub al-Khali forme le cœur, dépasse le Gobi (source : liste des déserts par superficie de Wikipédia). Le record de chaleur revient au désert du Lut, en Iran : un satellite y a relevé en 2005 70,7 °C à la surface du sol, d’après l’analyse de la NASA Earth Observatory. Le Gobi, lui, est un désert froid.

Le climat du désert de Gobi : froid, sec et contrasté

Des températures extrêmes, de l’hiver à l’été

Le Gobi est un désert froid soumis à un climat continental marqué. En hiver, le thermomètre peut descendre vers −40 °C, et le sol se couvre parfois d’une fine couche de neige soufflée par le vent. En été, il grimpe au-delà de 35 °C dans les zones les plus basses. Entre le jour et la nuit, l’écart dépasse facilement 30 °C : on transpire à midi sur une crête de dune, on enfile une polaire au coucher du soleil. Les pluies restent rares et très inégales : moins de 50 mm par an à l’ouest, un peu plus de 200 mm au nord-est, selon l’encyclopédie Britannica, et l’essentiel tombe en été.

Au printemps, le vent soulève des tempêtes de poussière qui peuvent porter jusqu’aux villes de la Chine du Nord. Leur fréquence a augmenté ces dernières décennies, signe d’un désert qui gagne du terrain sous l’effet de la sécheresse et du surpâturage.

Quelle période choisir pour partir ?

Pour un voyage en Mongolie qui passe par le Gobi, la fenêtre idéale va de juin à septembre. Juillet coïncide avec le festival du Naadam et attire plus de visiteurs ; août reste agréable pour marcher et dormir sous la yourte ; septembre apporte une lumière plus douce et des pistes plus calmes. Nous détaillons mois par mois les températures et les avantages de chaque saison dans notre guide quand partir en Mongolie.

Les paysages du Gobi, du canyon de Yol aux dunes de Khongor

Le parc national de Gobi Gurvan Saikhan et le canyon de Yol

Créé en 1993, le parc national de Gobi Gurvan Saikhan couvre environ 27 000 km² dans la province d’Ömnögovi. Son nom signifie « les trois beautés », en référence aux trois massifs qui le composent, prolongement oriental du Gobi Altaï. Son site le plus connu est le canyon de Yol (Yolyn Am), une gorge étroite où le soleil peine à entrer : la glace y persiste une bonne partie de l’année et ne fond souvent qu’au cœur de l’été. Le nom fait référence au gypaète barbu, que l’on voit planer au-dessus des parois.

Les dunes de Khongor, les « dunes chantantes »

Khongoryn Els est le grand champ de dunes du Gobi mongol. Les crêtes s’alignent sur des dizaines de kilomètres au pied des montagnes, avec une petite rivière et une bande verte qui longent leur base. On les surnomme les dunes chantantes : lorsque le sable glisse le long des pentes, il produit un grondement sourd, presque un bourdonnement, qu’on entend surtout par temps sec et venteux.

Bayanzag, les falaises enflammées

Bayanzag, « riche en saxaouls », doit son surnom de falaises enflammées à ses parois de grès orangé qui virent au rouge en fin de journée. C’est là qu’en 1923 l’expédition de l’American Museum of Natural History, conduite par Roy Chapman Andrews, a mis au jour les premiers œufs de dinosaure reconnus comme tels, d’abord attribués au Protoceratops, comme le raconte le musée new-yorkais dans sa page consacrée aux œufs de dinosaures. Des fouilles des années 1990 ont révélé que ces œufs appartenaient en réalité à un Oviraptor. Le site a aussi livré des Velociraptor.

Falaises rouges de Bayanzag, les falaises enflammées du désert de Gobi

Baga Gazriin Chuluu, Tsagaan Suvarga et le Gobi oriental

Sur la route depuis Oulan-Bator, Baga Gazriin Chuluu dresse ses blocs de granit au milieu de la steppe de la province de Dundgovi, avec quelques ruines de monastère nichées entre les rochers. Plus au sud, dans la même région, Tsagaan Suvarga, le « stupa blanc », aligne des falaises érodées aux couleurs pastel, d’ocre, de rose et de blanc, vestiges d’un ancien fond marin. À l’est, le Gobi oriental, plus plat, est traversé par le Transmongolien et parsemé de lieux de pèlerinage bouddhiques.

Le monastère d’Ongi

Toujours dans le Dundgovi, au bord de la rivière Ongi, s’étendent les ruines du monastère d’Ongi, fondé au XVIIe siècle selon la plupart des sources. Ses deux complexes, face à face sur chaque rive, ont été rasés en 1939 lors des purges antireligieuses ; la reconstruction a commencé dans les années 1990, selon la notice Wikipédia du monastère. La rivière, fragilisée par les mines d’or en amont, s’assèche par endroits. Le site, aussi appelé lamasserie d’Ong, est une étape du sixième jour de notre séjour Du Gobi à l’Orkhon, avec la visite de son petit musée.

Temple et ruines de monastère dans le Gobi central, en Mongolie

Faune et flore du désert de Gobi

La faune et la flore du Gobi ont dû s’adapter à la sécheresse, au froid et aux écarts de température. Côté végétation, on trouve surtout des graminées, des buissons bas et le saxaoul, un arbuste au bois très dense qui fixe le sable et sert de combustible aux familles nomades.

Chameaux de Bactriane dans la steppe du désert de Gobi

Les animaux sauvages restent discrets, mais le Gobi abrite des espèces uniques. Le chameau de Bactriane sauvage, à deux bosses, survit dans les zones les plus reculées, tout comme l’ours de Gobi, ou mazaalai, l’un des ours les plus rares de la planète. L’hémione (âne sauvage de Mongolie), la gazelle à queue noire, l’argali, le bouquetin de Sibérie et le léopard des neiges fréquentent les massifs et les plaines. Le cheval de Przewalski, appelé takhi en mongol, a été réintroduit dans le Grand Gobi, au sud-ouest du pays, et dans la réserve de Khustai, plus au nord. Le chameau domestique, lui, est partout : il fournit lait, laine et transport aux éleveurs.

Pour protéger cette biodiversité, la Mongolie a inscrit en 2014 les « Paysages désertiques du Grand Gobi mongol » sur sa liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO, un ensemble d’aires strictement protégées qui dépasse 5,5 millions d’hectares.

Quelques faits fascinants sur le Gobi

Le Gobi a été un carrefour bien avant d’être une destination. Des caravanes de la route de la soie longeaient ses marges, côté chinois, entre Dunhuang et le Gansu, où se dressent encore des tronçons de la Grande Muraille. Au XIIIe siècle, il se trouvait au cœur de l’Empire mongol de Gengis Khan, dont l’ancienne capitale, Karakorum, se situe plus au nord, dans la vallée de l’Orkhon.

C’est aussi l’un des grands gisements de dinosaures au monde. Outre Bayanzag, le bassin de Nemegt, surnommé « la vallée des dragons », a livré squelettes, œufs et empreintes.

Comment se rendre dans le désert de Gobi ?

Par la route, en vol intérieur ou en train

Minibus tout-terrain sur une piste au pied des dunes du Gobi

Côté Mongolie, tout part d’Oulan-Bator, reliée à l’Europe par des vols avec escale. Trois options mènent ensuite vers le Gobi :

  • La route : le sud du Gobi se trouve à environ 550 kilomètres de la capitale, soit deux journées en 4×4 ou en minibus tout-terrain, avec une étape à Baga Gazriin Chuluu.
  • Le vol intérieur : des vols desservent Dalanzadgad, capitale de la province d’Ömnögovi, pour gagner du temps ; un véhicule reste ensuite nécessaire pour circuler entre les sites.
  • Le train : le Transmongolien relie Pékin à Oulan-Bator en traversant le Gobi oriental par Erenhot et Zamyn-Üüd.

Sur place, les distances entre les sites restent longues (150 à 250 km par jour) et une bonne partie se fait sur piste. Côté Chine, le Gobi se découvre depuis la Mongolie-Intérieure ou le Gansu.

Infos pratiques avant le départ

Infos pratiques

  • Entrée en Mongolie : vérifiez les conditions en vigueur pour les Français sur la page conseils aux voyageurs de France Diplomatie pour la Mongolie, qui fait foi.
  • Assurance : une assurance rapatriement est indispensable ; hors de la capitale, les soins sont très limités et une évacuation peut prendre plus de 15 heures de piste.
  • Santé : aucun vaccin obligatoire, plusieurs recommandés, à voir avec un centre de vaccinations internationales ; évitez tout contact avec les rongeurs et la viande de marmotte.
  • Sur la route : pas de conduite de nuit, et un chauffeur local plutôt qu’une location en autonomie.

Dans le sac

  • couches chaudes et coupe-vent ;
  • chapeau, lunettes de soleil, crème solaire ;
  • lampe frontale ;
  • housse étanche contre le sable pour l’appareil photo ;
  • gourde ;
  • petite pharmacie.

Où dormir dans le désert de Gobi ?

Dans le Gobi, on dort presque toujours sous la yourte, selon trois formules.

Camp de yourtes au coucher du soleil dans le désert de Gobi
  • Chez l’habitant : une yourte d’hôte près de celle d’une famille d’éleveurs. Confort simple, mais quotidien nomade partagé.
  • Le camp de yourtes : des yourtes avec lits et un bâtiment commun pour les repas et les sanitaires, près des grands sites.
  • Le lodge : quelques adresses plus confortables dans le sud du Gobi.

Notre séjour alterne les deux premières : famille à Baga Gazriin Chuluu, camp de yourtes à Gurvan Saikhan, éleveur de chameaux à Khongor.

Ce qui fait varier le budget

Le coût dépend surtout de la saison (juillet, mois du Naadam, est le plus demandé), du mode d’accès (route ou vol intérieur), de l’hébergement, de la durée et de la taille du groupe, puisque véhicule, chauffeur et guide se partagent entre les voyageurs.

Les meilleures activités dans le désert de Gobi

Le Gobi se vit lentement. Parmi les activités incontournables : marcher dans le canyon de Yol, gravir les dunes de Khongor au coucher du soleil, longer les falaises de Bayanzag, chercher les peintures rupestres, observer le ciel nocturne loin de toute ville. Il y a aussi tout ce qui se passe autour de la yourte : partager le thé salé au lait, voir les éleveurs rassembler les chameaux le soir, comprendre comment une famille s’organise pour vivre avec si peu d’eau.

Vivre le Gobi autrement avec Mood Goyave

Notre séjour « Du Gobi à l’Orkhon » consacre la première partie de ses 13 jours au désert, en petit groupe de 5 à 8 personnes, à partir de 12 ans. Il se vit très bien avec des ados.

Voyageuses aidant à la traite chez une famille d'éleveurs nomades en Mongolie

Après une première nuit à Oulan-Bator, la route mène à Baga Gazriin Chuluu, où vous dormez en yourte chez une famille. Le lendemain, place au parc de Gurvan Saikhan et à la randonnée dans le canyon de Yol, avant une nuit en camp de yourtes. Le quatrième jour, vous rejoignez les dunes de Khongor et passez la nuit chez un éleveur de chameaux, au plus près de son quotidien. Le cinquième jour, une randonnée au mont Khavtsgait fait découvrir des peintures rupestres, puis viennent les falaises de Bayanzag. Le sixième jour, en remontant vers le nord, vous visitez le monastère d’Ongi et son petit musée, avant une nuit en camp de yourtes.

Le voyage quitte ensuite le désert pour la vallée de l’Orkhon : trois nuits chez une famille d’éleveurs nomades (traite, fabrication des produits laitiers, rassemblement des troupeaux), le monastère de Tovkhon, les chutes d’Ulan Tsutgalaan, Karakorum et Erdene Zuu, une initiation à la calligraphie mongole, Khogno Khan, puis l’observation des takhi à Khustai. Un guide francophone et un chauffeur vous accompagnent, et l’itinéraire s’adapte à votre rythme, dans l’esprit de nos séjours de voyage solidaire en Mongolie. Tous les détails jour par jour figurent sur la fiche du séjour Du Gobi à l’Orkhon.

Vos enfants ont moins de 12 ans ? Notre voyage en Mongolie en famille ne descend pas jusqu’au Gobi du sud. Il fait découvrir le « mini Gobi », les dunes d’Elsen Tasarkhai au pied du Khogno Khan, au centre du pays, avec des étapes plus courtes.

Questions fréquentes

Parce qu’en mongol, « gobi » désigne une étendue semi-aride à herbe rase, où les troupeaux trouvent encore à paître ; le désert sans végétation se dit « tsöl ».

De −40 °C les nuits d’hiver à plus de 35 °C les journées d’été, avec souvent 30 °C d’écart entre le jour et la nuit.

Surtout l’isolement médical (une évacuation peut prendre plus de 15 heures de piste), l’état des pistes, les écarts de température, les vents de poussière au printemps et la déshydratation. Pour la situation du moment, la page Mongolie de France Diplomatie fait foi.

Très peu. L’essentiel du Gobi est fait de plaines de graviers, de steppes sèches et de reliefs rocheux. Les dunes, comme celles de Khongor dans le sud de la Mongolie, n’en couvrent qu’une petite partie.

De juin à septembre. Les journées sont chaudes, les nuits fraîches, et les pistes praticables. Septembre offre souvent une lumière plus douce et moins de monde.

Comptez au moins cinq jours sur place pour relier depuis Oulan-Bator Baga Gazriin Chuluu, le canyon de Yol, les dunes de Khongor et les falaises de Bayanzag sans courir. Un circuit de deux semaines permet d’y ajouter la vallée de l’Orkhon.

Oui avec des adolescents, à condition d’accepter de longues journées de piste. Avec de jeunes enfants, un itinéraire plus court vers le « mini Gobi » d’Elsen Tasarkhai, au centre du pays, est souvent plus adapté.

Avant de partir vers le Gobi

Le désert de Gobi demande un peu de préparation : une saison bien choisie, un sac pensé pour le chaud comme pour le froid, de la patience pour les longues pistes. En échange, il offre des paysages d’une grande diversité et des rencontres qui restent. Si l’envie de le parcourir en petit groupe, entre nuits sous la yourte et journées de marche, vous trotte dans la tête, écrivez-nous : nous serons ravis d’en parler avec vous.

Fait avec Logo Coeur Mood Goyave parRanker